Échec & Bac

by - 16:14:00

L'an dernier à la même date, j'étais admise au rattrapage avec 9.18 soit 30 points à rattraper .

Je me souviens de la session 2011 du BAC, c'était comme si tout était déjà Il faut dire qu'au lycée tout le monde me connaissait. Le lycée était un peu mon TER-TER
Je connaissais tout le monde, tout le monde me connaissait. Je connaissais les dossiers de tout le monde, et était considéré un peu comme la Madre, celle qui a toujours des conseils sensés, posés.

En cours, j'étais une petite insolente qui écrivait un mot sur deux, qui laissait ses camarades écrire des " Loveuuuuuuuh Cœur noir (cartes) " sur ses cahiers, qui bavardait à en perturber le cours et qui était sure d'elle. Mais de quelle partie ? De sa connerie surement.
J'ai négligé ce bac, je l'ai pris pour acquis et la leçon a été le Rattrapage à 9.18 ( 30 points à rattraper ) .. BAC finalement que j'ai raté par manque de volonté à 9.67 ( 12 points à rattraper )
Ce jour là, mon monde s'est écroulé : Je pensais que mes années lycées étaient achevées, que ma carte Imagine R pourrait être dézonnée.
Je m'étais imaginée " la liberté" sans pouvoir travailler pour elle.

Une jolie leçon qui m'a valu : 15 jours de BAD intensif ( ce que d'autres appellent déprime) , des textos allant de «Désolé pour ton bac à MES CONDOLÉANCES» ( Sérieusement ?!) et une nouvelle année de terminale.
Je me suis sentie sur le coup tellement idiote, tellement bête et inutile. J'avais donné raison à cette professeure de Maths qui m'avait dit : « Elle n'aura pas son bac » ( Oui, c'est joli ces profs qui maintenant ont pour but d'enfoncer les élèves )
Je voulais me prouver que j'étais capable de recommencer, de m'améliorer, d'exceller.. tellement revancharde et désireuse de débuter une nouvelle terminale au sein d'un nouvel établissement.
Cette nouvelle année de terminale, il faut qu'on en parle.

Dans un des meilleurs lycées publics du Val D'Oise, entourées de personnes méprisantes, et totalement obnubilées par l'apparence et la popularité. ( J'exagère, je ne suis pas allée vérifier si TOUS les élèves avaient cette mentalité, seulement, c'était la pensée dominante )
Malgré toute cette hostilité à mon égard, j'étais quand même le genre de fille à participer tout le temps en cours mais à ne parler à personne en dehors des cours. J'avais beau faire la personne que ça ne touchait pas, le moral n'était pas au beau fixe en rentrant à la maison, je ne rêvais que d'en finir avec ce lycée.
Pensée pour ceux qui ont échoués du premier coup, à ceux qui ont été aux rattrapages, pour l'avoir vécu et je souhaite à ceux qui souhaitent la poursuivre une Longue vie scolaire post-bac ! 

J'avais l'impression d'être tombée dans un mauvais film pour ado du genre : «si tu ne lèches pas les bottes des personnes populaires, tu es foutue.» Etant bornée j'ai choisi d'opter pour le plutôt crever que de faire ça.
J'ai passé un sale début d'année à ne parler à quasiment aucun de mes camarades, rester bloquer devant les mauvaises salles, ne pas savoir quand les profs n'étaient pas là ( N'ayant pas Facebook, et donc n'ayant pas mes camarades Facebook dans mes amis je n'avais pas accès au groupe de la classe et donc pas accès au news envoyé aux délégués ) ne pas pouvoir emprunter de cours lorsque les transports étaient bloqués.

Un jour, en sport j'ai fini par sympathiser avec plusieurs filles ( Le clan des filles faussement athlétiques ) dont l'une dans ma classe qui m'a présentée au reste du groupe.
De fil en aiguille, j'ai bien accroché avec le groupe.
Au delà de notre envie commune de réussir, j'ai découvert des gens avec du coeur, avec de la niak, de l'ambition et des aspirations différentes. Egalement, une certaine spiritualité qui me manquait depuis plusieurs années et qui m'a permis d'admirer davantage les croyants et particulièrement la foi qu'ils entretiennent.

En terme de travail, supporter une seconde fois de revoir les mêmes choses interprétées différemment m'a bien soulée.
Par ailleurs, le niveau du lycée étant très élevé mon 11 de moyenne annuelle de l'an passé ne suffisait plus.
Des "bacs blancs" assez réguliers, des lettres d'informations constantes, des textos aux parents pour prévenir des absences .. Ah lala, franchement la fin a été dure.
Entre la distance ( 1h30 de trajet tout de même) , la lassitude, l'envie de lâcher, j'ai tout donné et ce malgré la peur d'échouer à nouveau..
J'ai passé le baccalauréat dans la peur d'échouer à nouveau, de devenir une jeune en échec scolaire comme il en existe des milliers d'autres dans cette situation devant s'exiler par peur d'affronter à nouveau les regards et les critiques.
J'avais même projetée en cas d'échec de vendre mon billet retour pour la France à n'importe qui voudrait me l'acheter au prix fort et rester au Congo pour les 10 années à venir ou de vendre des moutons au Sénégal.
Mais non .. J'ai passé le bac 2012 et j'ai obtenu mon bac cette année avec mention.
Ma vie scolaire peut continuer.. Cela n'a pas été le cas pour tout le monde.

L'échec fait mal. L'échec heurte profondément nos capacités à entreprendre voire réussir mais pour autant, l'échec remet les choses à leur place, il oblige à faire l'inventaire de tout ce qui n'a pas été fait correctement. Il faut savoir reprendre suffisamment de confiance en soi après la déroute afin de retourner sur le chemin de notre vie.
Signé Ryel

Dans le même genre..

0 commentaires

Votre présence