mercredi 22 mai 2013

Vis ma vie d'étudiante

Le 31 décembre 2011, on m'a demandé quelles seraient mes résolutions pour 2012 et j'avoue qu'à ma grande surprise, j'ai dit que je n'en avais pas, que j'avais uniquement des objectifs.
3 objectifs : BAC, CONGO, VOLONTARIAT ( OU FAC )
Et en 2013, je peux le témoigner, j'ai accompli TOUS mes objectifs de l'année 2012 sans les modifier en cours de route. J'aime quand ça se passe comme JE le souhaite, je vous assure
Et le troisième de mes objectifs s'étant réalisé, c'est ainsi que j'ai atterri à l'université.
C'est sur les films américains que j'avais basé le déroulement de ma vie :
Je comptais avoir mon premier appareil dentaire à 13 ans, avoir mon petit ami à 15 ans, ma première fois à 17, et entrer en faculté dans les mêmes eaux. Autant vous dire que sur le coup, je me suis bien fait avoir !
Après avoir obtenu mon baccalauréat, je suis entrée à la fac .. Moi qui pensait que ce serait une occasion de pouvoir commencer en octobre .. on m'a encore eu !
Arrivée à la fac, présentation .. Nous sommes beaucoup, il y a beaucoup d'endroits pour manger, on peut garder nos manteaux, nos bonnets, nos casquettes et bouffer pendant les cours, je sais enfin ce qu'est un amphi. Youhou !!!
Il n’empêche que j'ai remarqué certaines choses pendant cette première année :
  • Se faire harceler par l'UNEF.
  • Enfin savoir à quoi sert Monéo.
  • Savoir ce qu'est un UFR, des UE.
  • Acheter des sandwichs à 2 euros.
  • Adhérer à des clubs et s'y épanouir.
  • Avoir des camarades qui font Erasmus.
  • Se faire appeler par son nom de famille.
  • Savoir la différence entre FAC et Université.
  • Ne plus dire Bibliothèque Universitaire mais BU.
  • Les bavardages insupportables du haut de l'amphi.
  • Appeler un lapse de temps de 4 mois « semestre »
  • Croiser des gens en septembre et les revoir en mars.
  • Faire une variété de sports pour 10/13 Euros par an.
  • Croiser Boobs et faire semblant de s'embrouiller avec lui.
  • Se battre pour trouver une place près d'une prise électrique.
  • Emprunter des livres, les rendre en retard et être suspendu(e).
  • Entendre toutes les 5 minutes le bruit de l'ouverture d'une canette.
  • Avoir des professeurs de TD avec " uniquement " 5/6 ans de plus que soi.
  • Ce camarade qui est à la fac justement pour réaliser son « American DREAM ».
  • Le bruit des chaises lorsque les gens se cassent 30 minutes après le début des cours.
  • Voir son Navigo étendu de plusieurs zones ( Papa m'en a mis qu'une seule en plus :'( )
  • Entendre sa camarade absente des CM te quémander ton cours comme si elle te payait pour cela.
  • La meuf qui n'a pas compris le principe d'un cours magistral et qui intervient sans arrêt ( ça c'est moi ! )
  • Etre dans une université réputée « Ghetto » et devoir montrer sa carte étudiante aux vigiles pour passer.
  • Lutter pour trouver une place à la BU vu comment les autres étudiants étalent leurs affaires de cours sur TOUTE la table.. pour discuter de la dernière coupe d'untel.
Je ne sais pas à quoi je m'attendais exactement.. Que ce soit au niveau des professeurs, au niveau des camarades ou des clubs étudiants mais j'avoue que ma première année universitaire touche à sa fin et que ce n'est absolument pas ce à quoi je m'attendais...
Tout au long de cette année qui a duré 8 mois, j'ai tout fait en même temps.
J'ai découvert, je me suis instruite, j'ai exploré, expérimenté ce système qui était nouveau pour moi.
Je n'ai pas eu de GROSSES FÊTES DÉJANTÉES ni de bizutages encore moins de logements étudiants et certainement pas de bourse(s) étudiante(s).
Je pensais que la fac serait une grande partie de plaisir pendant laquelle je passerai plus de temps à échanger qu'à bosser, que cela me prendrait PEU de temps mais que ma vie en serait absorbée, qu'il y aurait une bête d'entente entre camarades.. pas le moins du monde. ( J'en ai essuyé des nuits blanches, mon emploi du temps était chargéééééééééééééé, fac = cours, sport + le temps de bavarder avec tout le monde et Sayonara !!)

Au cours de cette année, j'ai pris réellement conscience que mon avenir était entre mes mains.
Il n'était plus question d'aller en cours histoire de ne pas s'ennuyer ou d'un objectif minime qui était le bac. ( Qu'on se mette d'accord, je ne dénigre pas le BAC ! )
C'est une filière que j'ai demandé, que j'ai choisi dans laquelle je me suis vue avancer, évoluer et créer mon propre parcours avec cette formation.
Un projet qui s'étend sur trois ans, coupé en 6.
A chaque nouveau semestre ? De nouveaux professeurs, de nouveaux camarades, de nouveaux objectifs et l'envie de se surpasser.
J'ai compris que les gens venaient de partout, avaient des histoires toutes plus différentes les unes que les autres et des motivations tout autant dissemblables. Le vécu et les origines n'étant pas marqué sur les fronts : On peut se retrouver à coté de son camarade qui a 17 ans en provenance du Kenya ou devant sa camarade qui en a 47 et tout un foyer à nourrir mais qui fait le choix de se restreindre pour offrir une meilleure situation à sa famille plus tard.

Par ailleurs, j'ai remarqué que la première année n'était pas prise au sérieux. Il faut le dire, les étudiants de première année ne sont généralement pas sérieux. Entre ceux qui sont là par manque de calcul de APB ( Admission Post Bac : Faire ses voeux scolaires après le bac ), parce qu'ils ont entendu que le nom de la Licence faisaient stylé, ceux qui s'aperçoivent que ce n'est pas fait pour eux, ceux qui veulent poursuivre ..mais qui ne parviennent pas à valider.
Passer son année à bavarder ? Ce n'était pas pour moi. Il était alors HORS DE QUESTION de poser mes fesses sur les sièges rétractables de l'amphi histoire de pouvoir discuter avec mes camarades. Plutôt aller au Café. Et on m'a qualifié de « petite prétentieuse pétant plus haut que son cul » pour cela..

Pour moi, le rapport professeur-élève avait changé depuis 2/3 ans et mon approche s'est avérée " gagnante " . Auparavant, je mettais les professeurs sur un piédestal comme me l'avait appris les parents. Ce sentiment que ce que dit le Professeur est parole sacrée, intouchable, incontestable. Et même quand j'en doutais, je ruminais dans mon coin ou en groupe.. en somme en soum-soum ( sous marin ) donc ça ne compte pas.
Je crois que ce qui a changé, c'est cette perception du professeur. Ce n'est plus celui qui est là pour dire : " Chuuuuuuuuuuuuuuuuuuuteuuuh " ou " Si vous continuez vous allez voiiir ". Dans mon cerveau, il est devenu l'instrument pouvant me permettre d'atteindre mon objectif, il n'était plus une menace, ni un obstacle. De ce fait, dans ma tête, il n'était plus quelque chose d'inatteignable, il était à ma portée si je respectais ses règles, qu'il considérait ce que je faisais.
Dans mon intérêt, j'avais intérêt à m'entendre avec lui. Pourquoi trembler ? Pourquoi avoir peur si les seules intentions que j'avais étaient uniquement de réussir ? Un échange prof-étudiant à base de respect, de franchise. Voilà comment j'ai pu aborder sereinement mon année et mon rapport au corps enseignant. Ne pas considérer le professeur comme une entité mais comme un être humain. Tout cela s'est fait après l'échec au bac ( OUI ENCORE !) : Est-ce le fait de changer d'équipe de professeur, d'instaurer de nouvelles bases ? De montrer une nouvelle facette ?
Quoi qu'il en soit le fait d'avoir le mail d'un ou plusieurs professeur(s) permettant de dialoguer à propos de mon projet scolaire, de mes lacunes, de mes aspirations de manière quasi instantanée au lieu d'attendre le cours de la semaine qui suit.
Voilà comment j'ai pu aborder mon année SEREINEMENT avec le nouveau corps enseignant.

C'est dans un état d'esprit de jeunes adultes solidaires que je comptais mener au calme cette année universitaire en établissant un climat non pas d'amitié mais de camaraderie exemplaire.
Nos « aînés » passés en deuxième année nous avaient laissé un parfait exemple d'entraide avec un système de roulement de cours, de partage de cours, d'entraide en groupes qui n'a malheureusement pas touché notre promotion.
Combien de fois me suis-je essuyé de NON pour obtenir un cours ( qui plus est que j'avais MOI MÊME noté mais que je voulais comparer ) ? Combien de fois m'a t-on piqué mes questionnaires FAIT MAISON ou mes feuilles alors que je les ai prêté(es) sans rien attendre en retour hormis LEURS retours ? Combien de fois ai-je du refuser de m'asseoir à une table pour ne pas entendre les ragots concernant un autre camarade ? Combien de stylos ai-je perdu ME SUIS-JE FAIT VOLER DE PAR MA TROUSSE PLEINE ?
Il me reste tout de même d'excellents souvenirs de ces « électrons libres » qu'étaient certains de mes camarades tels que Squirrel alias K.R qui a au tout début pris l'initiative de tous nous réunir au Mcdo pour nous présenter à autrui, Camarade alias M.C qui n'a pas cessé de me soutenir et de m'apporter sa générosité quand le coeur et/ou le corps n'était pas d'attaque à affronter 3 heures de cours et/ou la générosité de S.M (Un jour, vous aurez leurs noms, haha, je promets )

Il n'empêche que cette année, j'ai rencontré beaucoup de gens. L'une de mes philosophies de vie ? Tout commence par un bonjour. A défaut de dire Bonjour dans ma classe, j'ai dit bonjour ailleurs : Au CROUS, à la BU, à l'entrée de la fac, dans ses couloirs, dans les clubs étudiants.
Au cours de l'année, j'ai eu des alliés de taille qui m'ont permis indirectement de me remotiver quand je trouvais le temps long, au détour d'un couloir. Croiser des gens que nous ne connaissons pas, qui ne nous demandent pas de raconter notre vie, de nous détailler les souffrances passées. Des gens qui ne nous abordent pas avec des « Wsh bien ou koi ? » pourtant ma fac est THUG des gens qui ne nous parlent pas de Télé Réalité. Des jeunes INSTRUITS, avec un raisonnement logique ( je ne dis pas identique au mien ), politisés, déterminés, consciencieux et tournés vers autre chose que leur petit être, vraiment, c'est un apport sans limite.

Je crois que la rencontre avec les gens du local de Confédération Etudiante a été déterminante dans cette année à la fac, pas directement au niveau de mes études mais au niveau intellectuel, au niveau de la motivation, de la persévérance et de la culture.
Faire partie d'un club de lecture africaine fut une première. Une réelle expérience. Un réel enrichissement. J'ai pu en savoir davantage sur la culture Ouest Africaine : sur ses auteurs, sur ses coutumes et ses mythes. J'ai pu avoir une réelle expérience de la vie en groupe sans voir l'homme comme un mâle ou un prétendant potentiel. Converser jusqu'à en perdre le gout de sa propre salive.
Ce sentiment d'appartenance à un groupe, voir que petit à petit, chacun au sein d'un groupe à sa place et que j'en fasse partie.. Moi, je n'ai JAMAIS eu de groupe, j'ai toujours été un électron libre.. un peu capricieux, je dois l'admettre.
Ces interactions constantes, enrichissantes et à différents niveaux.
J'ai appris à ne pas prendre le monde comme je le vois mais en laissant les autres me montrer leurs perceptions du monde. J'ai appris à débattre dans le respect et sans seum avec des gens qui ne partageaient CLAIREMENT pas mes opinions.
J'ai croisé des personnes qui ont cet amour des mots, cet amour de l'assemblage.
D'ailleurs, il y en a un qui est un lecteur du blog, Sada, si tu lis ceci :)
J'ai côtoyé des gens qui n'avaient pas cet art des formules de politesse que j'ai toujours développé mais qui avaient le coeur, la franchise et l'amour d'autrui.
J'ai beaucoup appris à leurs cotés, concernant le savoir vivre, les codes sociaux, l'entraide et la générosité suggérée et non demandée..
Et j'avoue, ne pas avoir de mots pour exprimer cette année universitaire mais je vais essayer :

ENRICHISSANTE
- ... * Humm non, ça ne vient pas. *

En somme, j'ai su distinguer ma sphère privée, ma sphère publique et ma vie privée.
J'ai compris que je ne pouvais m'autosuffire : j'ai accepté faire partie d'un ensemble bien plus grand qu'une histoire familiale, amicale ou amoureuse.
J'ai vu que chaque acte avait des conséquences et que compter sur des forces inconnues ou l'aide d'une prière à la dernière minute ne nous aideront pas à réussir, mais si ça peut vous convaincre, chacun ses croyances.
J'ai compris à quel point le sommeil était important mais aussi que le camarade pouvait avoir une influence sur notre humeur, notre assiduité même si au final, c'est à nous de se motiver et d'aller chercher ce que l'on convoite.
J'ai eu mes deux semestres, j'ai eu mon année ( les deux semestres sans rattrapage ..mais sans mention, l'économie a eu raison de moi ! ) et si je suis encore en vie d'ici à septembre, je serai en deuxième année de SSP.

La vie suit son cours de mon côté..chers Lecteurs. Je suis sûre qu'il en est de même de votre coté, cela ne peut être autrement. Prenez soin de vous et des vôtres ! 

2 commentaires:

  1. Merci de (me) faire découvrir ta vie d'étudiante !
    Comme cela, j'ai un aperçu de mon avenir proche et celui de mon fils... lol
    En effet, je reprends les études en Octobre; moi, qui n'ai pas eu l'occasion d'en faire... et mon fils, qui a encore le temps puisqu'il va rentrer en 5ème !

    Je vais à la Sorbonne Nouvelle Paris 3 à la rentrée d'octobre (oui, oui, lol). C'est près de mon travail que je vais continuer (il faut bien manger et je n'ai pas eu de financement pour cette première année...). C'est dans le cadre d'une formation adultes (si tu savais mon âge.... lol).
    Je pars de loin...et j'en prends pour minimum 4 ans ! Je préfère ne pas trop en dire...pour ne pas attirer le mauvais œil... lol... Sérieusement, cela concerne...l'écriture !

    Bref, j'aime tes mots et ce qu'ils disent. Je ne trouve pas tes mots "brouillon", ni "farfelus" (ou alors à bon escient), ni généraux (et ça, c'est bien) comme tu me l'as dit par ailleurs.


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    1. Ah ça, c'est une excellente chose si mon récit a pu t'aider à imaginer un minimum ta future vie étudiante.
      N'étant pas à la Sorbonne, je ne te cache pas que je ne peux te garantir une quelconque similitude entre mes propos à ta future expérience mais entre facs, il y a des éléments qui concordent.

      Peu importe ton âge, si tu reprends les études, c'est que c'est une décision mûrement réfléchie et tu seras au même titre que ces jeunes fraîchement bacheliers là pour les mêmes raisons qu'eux ( l'expérience avec toi ).

      Ahaha supersticieux ? N'en dévoile pas trop, je saurai si je dois savoir en temps et en heure, personne ne te presse.

      C'est cool, si je me fais comprendre, c'est nickel ! :)

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