De la condition de jeune femme noire par JNK

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Si je me suis permise de demander à Joyce de me laisser publier cet article, c'est parce que sans prétention aucune je pense que j'aurais pu l'écrire tant cette situation me parle.
Cette impression d'avoir une valeur d'utilité qui est placée au dessus de la femme en général.  
Une place qui lui est réservée. Un temps d'apprentissage pendant lequel la femme est en pleine formation et préparation à devenir ce que l'on attend d'elle, à s'épanouir dans le but qu'on lui a fixé depuis le départ : être une femme d'intérieur, une future épouse, future mère devant respecter les codes où qu'elle soit. Une pression qu'elle doit supporter année en année, des modalités à prendre en compte, des responsabilités qui l'incombent et qui doivent la conduire à prendre une décision et finalement devoir faire un choix entre les aspirations de sa famille ou les siennes. Sous peine d'être montrée du doigt comme ingrate, comme irrespectueuse de sa personne, indigne par la famille.

« Si je commence par dire que naître du sexe féminin n'est pas facile, je pense que la gente féminine sera tout à  fait d'accord avec moi et que le sexe opposé esquissera un petit sourire de coin tout en approuvant partiellement mes dires.
Etre une fille ce n'est pas facile, être une fille noire l'est encore moins, être une fille noire africaine complexifie la situation et être une fille noire africaine qui est née et a grandi en Europe  complique encore les choses.

 De manière générale, la plupart des familles africaines (que je connais du moins) qui ont migré vers l'Occident ont gardé leurs lots de traditions et conception de la vie malgré les kilomètres qui les séparent de leur continent. Une manière de rester rattacher à leur pays et leur culture même si après avoir passé - pour certains - plus de la moitié de leur existence ailleurs seuls leur peau et quelques parents qui les relie à leur pays d'origine. Si parmi ces familles d'immigrés africains on prône l'intégration dans sa société d'adoption, on y emprunte un certain mode de vie et grands principes, il reste encore certains sujets sur lesquels l'intégration ne s'applique pas ou ne veut pas s'appliquer : la place de fille au sein de  la société ou plutôt au sein de la famille. Est-ce que vous vous demandez parfois à quel point elles sont considérées dans la famille africaine ? Ou bien la réponse vous parait tellement logique et normal que cela nous a jamais titillé ?

 A titre personnel, c'est un sujet qui m'a toujours intéressé étant moi même plus ou moins encore  concernée par la chose. Je ne pense pas être dans le faux si j'affirme qu'en Afrique la fille est dès son plus jeune âge perçue comme étant ni plus ni moins qu'une future mère au foyer, la femme de son futur mari, une maîtresse de maison. Son éducation va donc différer de celle de ses frères voir de celle de ses soeurs si elle a le malheur d'être l'aînée et ce, quand bien même qu'on essaie de vous faire croire que tous sont sur un pied d'égalité.

 Etre une fille dans une famille africaine c'est aussi savoir se taire et acquiescer de la tête peu importe le plein de folie remplit dans les propos de certains.  La différence dans notre société occidentale est que l'émancipation de la femme et l'égalité des sexes  sont devenus des principes/ concepts de base au bon fonctionnement de la communauté. Les femmes peuvent désormais faire ce qu'elles veulent, s'affirmer en tant qu'être humain et accéder à de hautes études, de hauts postes au niveau professionnel.

Toutes ces ouvertures ont entraînés et peu à peu collé dans nos têtes cette image carriériste de la gente féminine qui détient à présent les cartes en main pour " dominer le monde " ou du moins se faire entendre et surtout obtenir le respect de tout à chacun. Cette conception moderne de la femme, je pense que les familles africaines d'origine essaient de l'enseigner à leurs filles à l'heure actuelle, cependant, elle entre en conflit avec leur conception traditionnelle. Oui car entre parenthèse, être une femme de 2012 ou une future femme de 2020 etc, cela n'implique pas uniquement l'aspect professionnel mais englobe plusieurs aspects - si ce n'est tous - de la personnalité. Je crois que dès le moment où on nous a " libéré " absolument tout à changer. Inutile de vous rappeler que la femme d'aujourd'hui n'est plus celle d'hier.

Bref. Parenthèse fermée. Je disais donc que ces deux conceptions que l'on essaie de faire cohabiter  entrent en conflit. Entre la famille qui veut donner un aspect moderne à la fille voyant en elle le moyen de réaliser ce qu'elle (la famille) n'a pas pu accomplir au niveau professionnel et entre la fille qui elle même se plaît dans cette forme de liberté qui s'offre à elle, la confrontation n'est jamais loin.
Pourtant ou peut être malheureusement, les décisions de cette dernière ne relèvent pas que de sa propre volonté, de ses propres désirs car les africains ont quand même tendance à mettre le poids, la dignité et l'image de leur clan sur les épaules de leurs filles : on veut créer des femmes respectables et mariables pour ne pas avoir la honte sur nous (ce qui est normal finalement).

 Cette cohabitation entre ces deux manières de vivre très différentes l'une de l'autre ne colle plus dès que le moment où la société donne le droit à cette fille de s'exprimer, donner son opinion et imposer ses propres valeurs et désirs aux yeux de tous. Dès qu'elle se rend compte que ce droit lui est accordé et en use, c'est là que la famille intervient pour lui rappeler que " c'est une fille ". Sa condition ne la reléguant qu'au rang d'un " être de faible valeur face à celle d'un homme ", elle est censée se taire, acquiescer de la tête et prendre pour vrai tout ce qui lui est dit. Elle aura beau montrer et témoigner de son modernisme, prendre des responsabilités avoir des projets assez sérieux, on ne manquera pas de lui rappeler que peu importe le niveau qu'elle atteint, elle est avant tout (pour ne pas dire seulement) " une fille " c'est à dire moins que les autres. Tout à coup, on se rend compte que l'égalité n'existe plus voir même n'a jamais existé et qu'il faudra soit se battre jusqu'à obtenir le dernier mot pour s'imposer soit ne pas s'en préoccuper car finalement chacun est maître de sa propre existence soit se résigner, se taire et acquiescer. » 





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