lundi 24 mars 2014

Pourquoi vais-je continuer de perdre mes jobs étudiants ?

La période d'essai du job que je convoitais il y a quelques semaines s'est achevée de manière non concluante : c'est toujours déplaisant de sentir rejetée éconduite certes mais à côté de cela, j'ai cette impression grandissante que cela est nécessaire dans mon évolution, ma construction de moi-même.
Avant ce travail, je ne m'étais JAMAIS levée aussitôt entre - 3h et 4h du matin - je n'avais JAMAIS pris les transports aussi tôt, je n'avais JAMAIS travaillé aussi tôt, je n'avais JAMAIS eu des formations spécifiques qui duraient des heures, je n'avais JAMAIS séché les cours ...  - attendez la suite seulement..oh - toute une journée. J'ai investi du temps, de l'énergie, de la volonté dans quelque chose qui tout compte fait ne me satisfaisait ni financièrement ni personnellement.

Je n'ai jamais EU besoin d'argent pour survivre, j'ai eu cette chance que mes parents soient des gens qui s'assurent toujours que leurs enfants aient de quoi manger, de quoi s'habiller, de quoi financer tout ce qui concerne les cours et le bien-être -si vous saviez à quel point, je leur suis TELLEMENT reconnaissante à ce niveau là.-
Mais, je suis une jeune femme de 20 ans, avec des loisirs, avec des envies qui s'achètent -oui oui, je précise- et ça, c'est problématique.
Lorsque nos passions, nos aspirations, nos centre d'intérêt et de plaisir ne sont pas en accord avec les personnes qui en plus de la casquette de parents portent également celle de débiteurs- il ne faut pas se mentir - c'est assez compliqué.
Du coup, la quête de l'argent n'est pas orientée vers le même côté/sens. Avec l'argent, il y a cette situation d'indépendance qui vient avec : celui de choisir les fringues que l'on s'achète, choisir les enseignes que l'on souhaite fréquenter, souscrire aux abonnements voulus, financer ses projets sans avoir nécessairement le feu vert - voir les conditions hein-
Mark Cuban : «  L'argent, vaut mieux en avoir que ne pas en avoir. J'ai cherché à devenir millionnaire pour être libre et contrôler ma vie...»
Et pour avoir cette liberté de faire ce que l'on veut, pour moi, il faut gagner cet argent de la liberté.
Par quels moyens ? Je n'ai pas à faire de leçons de morale sur qu'est ce que l'argent propre et sale ? Quelle manière mais après tout, je suis dans mon espace ici, j'ai le droit de le signifier.
Pour mon cas personnel, mes limites sont d'une part corporelles : je veux bien être rémunérée en faisant la belle plante, tant que je suis habillée de manière descente et pour des causes ni discriminatoire ni moralement condamnable -
Premier cas ; « Une négresse bien habillée ? Portrait de FMD dans notre Une de X » ou bien
Second cas : « Tous debout pour la mortalité infantile dans la Corne de l'Afrique. »
J'y ai songé, on  me l'a proposé : faire des photos de nu - bien rémunérées en plus - mais deux choses m'avaient freinées :
  1. Mon frère avait dit que s'il voyait ses photos un jour, il se crèverait les yeux
  2. J'ai voulu être diplomate un moment et j'ai songé à : « Et si ces photos ressortaient ? Quelle crédibilité ensuite ? Quelle vie en sachant que ceux qui t'ont devant toi n'ont plus BESOIN de t'imaginer nue. »
Ma seconde limite est vénale : Je ne peux séduire quelqu'un pour son argent. Si je veux de l'argent, je dois aller le chercher seule.

Revenons à nos moutons et récapitulons ...  
Etudiante, en quête de l'argent de la liberté, motivée, avec un excellent sens du relationnel, respectueuse, 
Certes mais également lente à apprendre, ne supportant pas de se faire marcher sur les pieds peu importe la hiérarchie, le grade ou l'âge. 
Et là, j'en viens au sujet désiré. 
Puis-je continuer à acquérir les compétences lentement ? Puis-je continuer à répondre - même innocemment et dans le respect - à des supérieurs hiérarchiques concernant leurs réflexions que je peux estimer déplacée ?
Puis-je continuer à intégrer de l'humain dans tous les rapports avec des êtres humains que je peux entretenir avec autrui ? 
Mes réponses ? Je les ai.

J'ai cette impression que je vis dans un monde où la hiérarchie de l'argent, du prestige, du rang n'a AUCUNE signification pour moi. Pour autant, ce n'est pas la réalité du monde dans lequel je vis.
- Chacun son point de vue concernant ce qui va suivre -  mais je ne parviens pas à cacher ce que je ressens, à me conduire comme si les personnes  pouvaient disposer de moi comme elles le souhaitaient et que moi je puisse acquiescer sans broncher telle une marionnette. Je ne supporte pas ce sentiment d'être remplaçable, de n'être qu'une option...
Je pensais à cela : comment réussir au niveau professionnel lorsque l'on ne supporte pas faire la marionnette ou que l'on ne supporte pas ce qui est - malheureusement - souvent accompagné des ordres : l'intimidation hiérarchique, par exemple ? Etre sa propre patronne, très certainement. Et là, se pose la question de mes choix d'avenir... 

La recherche d'emploi est repartie : ce matin, j'ai lu une phrase qui m'a parlée concernant le travail.
« Le bonheur que l'on attend est plus beau que celui dont on jouit... »                                                                                             André Maurois
J'étais plus heureuse à chercher du boulot, qu'à effectuer le boulot : Est-ce un mal pour un bien? Est-ce un signe ? Est-ce un loupé de ma part ? L'avenir me le dira ....

1 commentaire:

  1. Toute expérience -même a priori négative- est bonne si l'on en tire des leçons constructives; et c'est ce que tu as fait !

    C'est bien aussi d'être consciente (avec honnêteté, loyauté et une certaine forme de courage) de reconnaître que tu as la chance d'avoir des parents qui subviennent à tes besoins; ce qui est loin d'être le cas pour la plupart des jeunes (l'ingratitude est légion).

    C'est bien aussi de vouloir s'assumer seule -tout au moins, acquérir une certaine indépendance financière par le travail- car c'est formateur en permettant de ne pas s'endormir dans un certain confort.

    Un job d'étudiant n'est jamais facile, ni à décrocher, ni à faire fructifier: c'est la plupart du temps un sacrifice, une abnégation de soi, une forme d'esclavage...et cela déstabilise quant à son devenir dans le monde du travail, qui est trop souvent un copier-coller de celui-ci.

    Faire des photos de nu (tu as le physique ad hoc, enfin apparemment ;) ) est évidemment une solution et tu as bien cerné les possibles conséquences. Cependant, il y a mille façons de faire du nu et si l'on ne voit pas ton visage, qui peut t'identifier ?
    L'argument de ton frère...manque d'ouverture de sa part dirai-je. On en parlera de vive voix si tu veux.

    Tu as bien cerné notre société occidentale et j'ai fait le même constat; moi même ayant toujours eu des problèmes avec l'autorité, le pouvoir et ses abus...et j'en ai souvent payé le prix fort ! Et encore, je ne supporte pas le racisme et le sexisme...

    Que faut-il faire quand on est rebelle à toute hiérarchie, à ce système pourri de l'argent ? Je ne sais toujours pas ! Je m'adapte; j'ai appris à être diplomate, à relativiser...mais ce n'est pas facile !

    Etre travailleur indépendant est la meilleure solution; tout au moins, on garde une certaine indépendance et liberté mais on doit faire face aussi à des aléas et des contraintes...

    Tu as toujours des interrogations pertinentes, lucides, constructives et c'est aussi cela qui fait ta force. Je suis sûr que tu trouveras ta voie.


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