mardi 18 mars 2014

Raconter sa vie, cette thérapie risquée.

Raconter sa vie pour se sauver, qui l'eut cru ?
Dans un contexte où dorénavant raconter sa vie permet de se rendre plus intéressant(e), de se faire jalouser, de pimenter une existence quelque peu monotone, raconter sa vie peut se révéler tout aussi salvateur.
Exprimer ses frustrations, détailler ses peines, reconnaître ses faiblesses à voix haute qui nous permet de mieux réaliser ce qui est pensé au fin fond de nous-même.
Mais parfois, les oreilles comme seul public ne suffisent plus, et on a besoin de s'exprimer à une ou plusieurs personnes. Cette envie qui n'en est une une, qui mute en BESOIN :
Besoin de se faire comprendre
Besoin d'être écouté(e)
Besoin d’apposer des mots sur une situation, une douleur. 

Je me souviens à quel point j'ai parlé de moi, de ce qui m'arrivait, de ce que je ressentais pour que cela soit plus clair aux yeux des autres et qu'ils puissent mieux me comprendre, mieux m'accepter.
Avec le recul, et sans seum, j'ai vu que cela n'y avait rien changé, au contraire : les gens ne se sont pas gênés pour me faire du mal, me manquer de respect, me considérer comme faible.
J'ai encaissé, j'ai vu des amitiés qui me tenaient à coeur se finir ou dans le cas le plus dur des liens se distendre sans aucune raison apparentes.
Grandir, c'est aussi savoir que rien n'est éternel, que toute relation nécessite de l'entretien.
C'est une contradiction étrange que d'avoir ce besoin de s'exprimer constant et de choisir de se taire.

Pour nous, les êtres humains, rien n'est fait au hasard. Ce n'est pas anodin, cette habitude de venir  poster quelques-unes de mes réflexions ici avant de partir vaquer à mes occupations.
Avec le temps, la Blogofamily, vous le dira, j'ai fini par me calmer. J'ai fini par devenir quelque peu évasive, ne plus compter la moindre chose qui m'arrivait ici car j'ai pris conscience que le blog était lu, parfois par des gens que je côtoie dans la vie quotidienne, par des inconnus à côté ou à l'autre bout du monde et que le but n'est pas un étalage de vie complet mais un partage.

Dans la vie quotidienne, ça a été plus radical.
J'ai vu que clairement, raconter ma vie ne m'aidait pas, j'ai juste cessé de le faire.
Ça a pu paraître brutal pour certain(e)s qui voulaient absolument  creuser davantage comme si c'était l'heure du feuilleton du dimanche qui ne nous intéresse pas plus que ça mais qui par curiosité exagérée nous fait kiffer et nous fait sentir meilleur.
 Entendre les malheurs des uns, permet cette rétrospective sur soi-même et même ce dédain pour la personne qui nous conte ses malheurs.
Pas évident de composer avec les êtres humains.

Après avoir raconté sa vie, ce sentiment que nous n'aurions pas du parler est le pire, je crois.
Cette sensation d'avoir livré sa petite histoire au mauvais destinataire.

Il m'arrive parfois que l'on me trouve mystérieuse, j'en suis surprise. Mais, il est mieux ainsi.
Dorénavant, je choisis convenablement mes confidents, ceux à qui je veux parler de moi, de mes ressentis, de mes projets.

Tout est apprentissage.

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