Amitié(s) passée(s)

by - 23:56:00

Je suis assez nostalgique comme personne.
Pendant longtemps, je n'acceptais pas que les gens puissent sortir de mon existence.
 Lorsque l'on y entrait, on devait y rester.
Je pensais que tout était fait pour qu'ils puissent vouloir y rester et ne plus jamais me quitter. 
 C'est ça de croire en ces légendes urbaines, en ces contes qui promettent l'éternité.
Durant longtemps, j'ai géré les relations humaines naïvement et pour dire peu judicieusement ; j'ai pensé que je pouvais n'être qu'un élément central dans la vie d'une personne et que plus encore, les relations n'avaient de sens que lorsqu'il y avait du contact permanent.

Pour moi, les amitiés ça devait être tout de suite, maintenant et intensément.
Du coup, j'ai écarté beaucoup de gens par mon impulsivité, par mon désir d'être au centre.
Extravertie, extravagante, la Ryel d'autrefois était la confidente idéale, la personne incontournable connaissant secrets, histoires de chacun et la bouffonne de service qui faisait rire à gorge déployée.

Mais les années ont passé et au fur et à mesure que les classes passaient, que les filières nous séparaient, que nos centre d'intérêts se diversifiaient, les conversations sont devenues moins intéressantes, plus courtes.

Entre temps, dans ma croissance, j'ai appris à être plus réservée, moins bavarde et moins indiscrète me concernant.
 Le fait de se rendre compte que la thérapie que j'avais entreprise « Raconter sa vie pour être mieux comprise » n'avait pas marché.
Je voulais me faire discrète, ne plus vouloir monopoliser l'attention, ne plus être celle qui donnait énormément sans recevoir en retour.

Donner, donner, donner sans recevoir le quart de ce que nous donnons, ça finit par faire mal.
Lorsque le téléphone ne sonne pas parce que nous n'avons pas donné le coup de fil la première, c'est dur. Seulement je crois que la solitude est un passage que l'on doit savoir affronter avant de savoir comment bien s'entourer.

La Ryel de l'époque serait certainement déçue de la manière dont je considère ces relations désormais mais j'ai compris qu'il y avait des amitiés qui étaient tout simplement vouées à disparaître.

 Ces amitiés ne sont pas forcément vilaines, ne se sont pas forcément finies dans des conditions fâcheuses ou avec des insultes accompagnées de coups et de scandales.
 On se rend juste compte que ces personnes qui nous ont accompagnées dans le passé n'ont plus leurs places dans notre présent.
 Les disponibilités se sont amoindries, les séances confidences n'existent quasiment plus.
 Cette personne que l'on semblait considérer comme notre reflet devient une pure étrangère.
Toutes les promesses de ne jamais se quitter seront trahies malgré elles car finalement, plus rien ne nous rattache à cette personne.

Qui peut prévoir les évolutions de chacun ? Qui peut prévoir les envies et les aspirations des autres ? A chaque fois, que l'on prend ce pari risqué, il y a une chance sur deux de perdre.

Autre chose que j'ai comprise ? L'importance des « seconds rôles »
Généralement, nous avons tous des ami(e)s qui sont la crème de la crème, le top du top.
Ces gens qui savent les grandes lignes de ce qui nous arrive dans nos vies, avec qui nous parlons régulièrement, avec qui nous nous confions et à qui nous pouvons au moins apposer notre tête sur leurs épaules lorsque cela va mal, lorsque l'on veut souffler.
Ce qui engendre la négligence de ces personnes tenant le rôle secondaire dans nos existences.
J'ai toujours voulu avoir les miens, tout vivre avec les personnes qui me sont les plus proches seulement nos meilleurs ne vivent pas forcément près de nous, ne sont pas à proximité et/ou à disposition à notre guise.
J'ai compris que je pouvais vivre de superbes moments avec des gens, tenir des conversations profondes et philosophiques, échanger avec des personnes qui ne font pas partie de ce cercle qui est le mien sans avoir le devoir de me confier, de retracer les moments douloureux de ma vie ou autre.
Boire un verre, rire, danser sans que ces gens ne soient mes meilleurs amis.
 Le moment n'en est pas moins agréable.

Chacun sa place, et quelle qu'elle soit, elle compte.
A condition qu'il y ait du respect et de la réciprocité.

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