Jugée sans avoir été comprise.

by - 00:29:00

L'une des choses qui arrivent souvent ces dernières années est d'être jugée sans avoir été comprise.

J'ai remarqué une chose : les gens, généralement, aiment parler d'eux.
Ils aiment se vanter, se mettre en avant, utiliser la fausse modestie pour obtenir des compliments, des louanges voire même des encouragements.
Avant, j'étais l'une des leurs. Mais dorénavant, ce n'est plus le cas.
Je suis capable de tenir une conversation aussi longtemps que possible en parlant des autres, en écoutant, en questionnant sans parler de moi.
Et pour beaucoup, entendre des gens parler d'eux, de leurs vies, de ce qu'ils considèrent comme étant des réussites est une réelle exaltation.

Pour ma part, avec les années, je suis devenue plus pudique me concernant.
 Je ne parviens plus à conter ma vie à ceux qui voudront l'entendre.
 Lorsque l'on ne me pose pas de questions, je ne cherche pas à renseigner la personne sur ce qu'elle n'a pas su/voulu demander.
 Trop longtemps, j'ai raconté ma vie, confié ma peine à des gens qui n'en avaient que faire de ce que je leur racontais ou de pourquoi je le faisais. Ils ne m'ont pas épargné de souffrir, ils ne se sont pas gênés pour utiliser mes dires contre moi.

Depuis quelques années, j'apprends à me connaître, à connaître points forts comme point faibles, à savoir ce que je suis capable de faire ou de ne pas faire, là où j'en suis, ce que j'ai appris de bons et de mauvais.
J'interroge mes fondamentaux, les croyances que l'on m'a inculquées, les préjugés qui se sont mêlés à des principes et j'avance avec ça.

Plus les années passent et moins, je confie la charge à d'autres personnes en ce qui concerne les choix menant à mon bien-être.
Plus les années passent et plus, je teste mes limites, je prends des risques que j'estime calculés.

Comparé à il y a quelques années, je prends de plus en plus de confiance en moi, en mes capacités et je remarque à quel point, j'étais gonflée - expression utilisée au Congo pour dire que l'on est prétentieux - pour rien du tout. Pourtant, je remarque que pas mal de gens m'ont toujours trouvée très arrogante, trop sûre d'elle et prétentieuse. Ce ne sont pas de superbes compliments.

Au départ, je me disais que ce n'était qu'une impression par des gens qui ne me connaissaient pas.
Puis, lorsque ces relations se sont finies - je ne dirai pas amitiés mais le concept est là - avant de partir ces personnes me le disaient.
Était-ce ce qu'elles ont toujours pensé de moi ? Était-ce une manière de blesser avant de partir ?

Quoi qu'il en soit, la chose revenait souvent. Et je n'ai toujours pas de réponses.

Désormais, je parle moins. Et la situation semble s'empirer. Mon silence envenime la situation.
Les choses que je ne nargue pas, que je ne déclare pas.
Ces choses sur lesquelles je ne me vante pas apparaissent alors pour les autres comme le signe de mon inactivité, de mon incapacité et de mon désengagement. Ou au contraire nourrissent fantasmes et autres idées factices.

Si la question « Comment les gens peuvent penser cela de moi ? » traverse mon esprit, elle n'en reste pas moins qu'un souvenir vite oublié.
Auparavant, j'aurais cherché à savoir, le pourquoi du comment, du que sais-je. Mais ça c'était avant.
Les choses me glissent sur le corps, et lorsque ce n'est pas le cas, je fais en sorte de mettre de l'huile pour que cela passe plus vite.

Je remarque que les gens font rarement la distinction entre la personne et le personnage.
                                                                                            entre le travail et l'auteur du travail.
                                                                                            entre ce qu'il voit et ce qui passe.
                                                                                            entre ce qu'il pense et ce qui est.

Combien de temps aurais-je continué à me soucier du mauvais jugement des gens à mon égard ?
Je n'ai pas fini d'apprendre la manière la plus efficace de faire glisser les choses sur mon corps rapidement et efficacement.
Pour le genre de personnes que je suis, c'est-à-dire le genre qui se soucie de tous les petits détails, il me reste encore du boulot mais je suis plus proche de la fin, que du début.

Ma quête de la discrétion et du travail efficace en profondeur continue..
Les gens finiront par voir ce que je préparais. Si ce n'est pas le cas... Non, on ne pense pas à ça ! 

Prenez soin de vous, les lecteurs.

FMD

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3 commentaires

  1. C'est un gros défaut que j'ai et que j'essaie de corriger: essayer de plaire à tout le monde. je n'aime pas qu'on ne m'aime pas et pourtant, il y en aura toujours pour ne pas m'aimer.
    Ce que les gens ne savent pas de ri, ils l'inventent et certains pensent que le silence est là pour laisser libre cours à leurs bavardages inutiles.
    Prends du recul mais pas au point de t'effacer.

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  2. Prends du recul mais ne t'efface surtout pas. Autant tu aimes entendre les histoires des autres, autant ton chemin peut en inspirer plus d'un.
    ce qu'ils ne savent pas, les gens l'inventent. Vivre comme si ça ne faisait rien d'écouter des calomnies, c'est toujours un peu dur.

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    1. Je te donne raison, Marie-Simone mais c'est tellement compliqué à expliquer mon attitude.
      Je soutiens, j'en inspire plus d'un semble t-il - d'après leurs dires - rien que par ma manière de penser, ma façon d'aborder les choses mais je ne confie plus rien ou alors à un groupe restreint de personnes et depuis, je me sens tellement mieux.

      C'est vexant de se dire qu'une personne peut parler d'elle durant des heures et ne pas dire ne serait-ce qu'un " Et toi ? "
      Obligée de dire " Bah moi " " Pour ma part " " De mon côté " " Me concernant " et ça, ce sont des choses que je ne veux plus.

      C'est blessant de voir à quel point lorsque tu deviens l'intérêt de quelqu'un, la personne va tout vouloir savoir de toi et le lendemain, à cause d'une humeur ou d'une rumeur, tu n'existes plus dans sa bulle.

      Comment tu vois ça toi ?


      Pas facile les relations humaines.. Je fais du mieux que je peux en tout cas.
      Je ris, je parle, j'anime les conversations mais quand tu fais le bilan, tu te rends compte que ce n'était qu'avec des futilités. Je rentre chez moi, et je n'ai plus l'impression d'avoir laissé un bout de moi à quelqu'un qui est inconscient ou je-men-foutiste !

      Merci de tes conseils en tout cas, j'y penserai lorsque la situation se passera.

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