Fraternité brisée.

by - 22:30:00

Ce soir, je suis sûre d'une chose, c'est que les sentiments et les situations peuvent changer à tout moment.
La famille ou cette communauté de gens dont les liens nous étaient décrit comme indéfectibles, cette personne qui s'est présentée comme l'amour de nos vies, ces individus qui nous ont promis l'amitié éternelle ...

 Qui aujourd'hui pourrait nous promettre quelque chose sans que nous puissions en douter ?

Ne pas recevoir l'amour inconditionnel de son aînée et par conséquent, donner tout l'amour à sa benjamine dans l'espoir que celle-ci ne connaisse jamais le manque d'amour.
Tenter de la surprotéger de tous les maux, de lui forger un moral, une ligne de conduite en béton armée pour qu'elle ne sache pas ce que c'est que d'être une jeune fille peu sûre d'elle, incertaine quant à l'existence de ses capacités, de ses possessions physiques et intellectuelles.
Sacrifier du temps, de l'énergie, écarter une vie de rébellion et de travers pour donner l'exemple qui n'a jamais été donné.
Voir dans cette tentative d'exemplarité une manière de ne pas couler afin d'être quelqu'un de bien pour quelqu'un d'autre. Aimer cet être ayant la chair de sa chair comme s'il était sorti de nos entrailles, promettre de tout donner jusqu'à notre dernier souffle sans prendre conscience que nous avons constitué une bombe à retardement qui, tout dégât comptabilisé, a éclaté si proche de son visage...

Observer ses relations fraternelles féminines et avoir cette envie d'y apposer le mot échec dessus.
Constater que le faible écart d'âge n'est en aucun cas un gage de ralliement et de complicité.
Voir ses rêves de soutien dans les projets, les joies et peines devenir que de simples songes osés et irréalisables. S'apercevoir de l'asymétrie de ces relations. Comprendre l'exigence qui est la sienne quant aux relations extérieures. Entrevoir les résultats de la confiance et de l'amour n'être que des situations non vivables dans ce monde qui est le nôtre.
Comprendre que le rôle ambigü et séparatiste des parents n'y est pas pour rien.

Réaliser que le sens que nous avons voulu donner à la relation n'a pas été saisi et ne souhaite pas l'être. Ne pas vouloir de celui qui est proposé et rejeter cette conception mensongère de la fraternité comme des passages à vide arrivant à tous nécessitant d'entretenir des liens superficiels qui auront l'apparence de au lieu d'être.

A cela, mon frère m'a dit « Parfois, la fraternité ne marche pas. » 
Quelle triste conclusion mais quelle conclusion réelle. 

Quand on veut que cela fonctionne, on donne tout pour y arriver, quand on ne veut pas que ça marche, on fait tout pour également.
Mon problème a été que j'ai toujours cru aux histoires que l'on m'a racontées lorsque j'étais enfant.
Une partie de mon être est d'une naïveté sans faille, c'est cette partie qui croit que tout est arrangeable, que tout est excusable et pardonnable. Une partie que je réprime de plus en plus, que j'enferme parce que je suis persuadée que les gens doivent ou devraient mesurer que leurs actes d'hier ont des conséquences aujourd'hui avec des répercussions pour demain.

Tout ne marche pas toujours, tout ne réussit pas toujours, tout n'est pas toujours formidable, tout le monde ne s'entend pas avec tout le monde, tout ne s'arrange pas toujours.
Je commence à l'accepter. Y compris avec les gens dont nous partageons les mêmes ancêtres, le même ADN et j'en passe.

Le plus dur est de considérer celui/celle qui devrait être son allié(e) comme son ennemi : à certains moments, on ne voit plus que cette personne n'assure pas son rôle et on se laisse aller à des confidences ou comportements qui pourraient nous coûter cher..

Je vous quitte sur ces mots, chers lecteurs.

Signé Ryel

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