Lorsque le rôle de parent ne se limite plus à notre seule subsistance.

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Voilà trois ans que j'effectue des études dites et considérées comme supérieures, à savoir, à l'université. Si je bosse bien pour, il est fort probable qu'en juin 2015, je puisse obtenir mon diplôme de premier cycle universitaire : la licence.
J'ai cette impression que toute mon existence, on m'a conditionnée à aller à l'école. Travailler à l'école sans que je ne sache pourquoi, sans que je n'y vois mon intérêt. On m'a juste dit de le faire et je me suis exécutée. On m'a nommée ambassadrice de l'école parmi ma génération disent-ils j'étais celle qui en faisait la meilleure promotion, qui avait toujours le geste volontaire ou la parole réconfortante pour encourager le reste des camarades à continuer.

Avec les années, en tenant compte de ceux qui ont abandonné car ils ont échoué, ceux qui ont arrêté plus tôt car ils voulaient en finir pour travailler, se spécialiser. Je suis restée là en me disant que l'éducation était quelque chose qui nous était donnée uniquement par nos parents. FAUX. L'éducation, c'est celle que nos parents nous ont donné, certes et encore faut-il que celle-ci soit de bonne qualité mais il y a également celle que nous donne l'école, qui n'est pas suffisante pour se considérer comme bien éduqué(e). Il y a enfin celle que nous nous donnons en connaissance de celle dont nous avons bénéficié ou du subir et que nous complétons année après année grâce aux échanges que nous avons avec le monde extérieur, avec les personnes que nous rencontrons, les expériences et les conséquences que nous tirons de ces dernières.

Les gens font des enfants ou rêvent d'en faire en pensant égoïstement : il est temps car socialement, professionnellement, je suis accomplie et cela serait la consécration sur le plan personnel (1).
 Les personnes veulent connaître les joies de la maternité/paternité et se dire qu'ils portent désormais l'étiquette de parents, qu'ils ont rejoint le club par la même occasion (2) mais j'ai cette impression que personne ne se dit que cet être qui va être engendré ne va pas rester éternellement un nouveau-né, un bébé ou un enfant.

Dans nos sociétés, nous considérons comme un miracle si les parents n'essaient pas ou n'attentent pas à la vie de leurs progénitures exemple ici  mais en toute franchise cela n'a rien d'exceptionnel. Dans les premières années de sa vie, un enfant a besoin, au-delà de ses besoins primaires, d'une structure familiale, d'un cadre, et d'une vie équilibrée mais arrivée à un certain âge, l'équilibre ne suffit plus.

J'estime que passé le lycée, la personne se dirige vers son âge adulte et travaille désormais à la construction de son être et de sa vie. Il devient alors nécessaire que les parents puissent aider dans cette auto-construction en encourageant  à la poursuite d'un objectif professionnel, aux voyages, à l'autonomie. Et là, rare sont les exemples que je vois de parents qui AIDENT leurs enfants à se construire en tant que personne adulte.

J'ai cette impression que, généralement, les parents découvrent que leurs enfants sont amenés à aller ailleurs, à découvrir de nouvelles personnes, de nouveaux cadres, de nouvelles situations. Et ce qui ne devrait pas être vu comme une rupture, mais comme une croissance qui continue, est interprétée comme telle et devient le théâtre de désaccords et de manque de soutien.
Heureusement pour certains, qui sait même pour beaucoup, tous les parents ne considèrent pas votre croissance comme étant néfaste pour eux, bien au contraire.
Certains parents encouragent réellement leurs enfants à devenir des adultes digne de ce nom, et n'hésitent pas à les soutenir du mieux qu'ils le peuvent et de différentes façons.

Pour ma part, j'ai cette impression que mes parents n'étaient pas prêts à ce que je grandisse, ils l'avaient peut-être imaginé, mais certainement pas réalisé.
J'ai cette impression que je n'ai aucun soutien dans ma croissance, tout ce que j'ai appris ces trois dernières années, je l'ai appris par moi-même alors qu'à bien des moments, j'aurais voulu qu'ils m'assistent y compris s'ils n'étaient pas d'accord avec mes choix.
Et je vis des jours particulièrement pénibles, car je supporte seule les conséquences de mes ambitions qui sont extérieurement vues comme trop hautes ou irréalisables car je n'ai personne étant passé par là qui me soutienne comme il aurait du le faire.

Un parent d'aujourd'hui est dans la nécessité de comprendre que les enjeux de ce monde font qu'il suffit plus d'avoir suffisamment pour acheter des couches durant 3 ans et une poussette haut de gamme pour remplir son rôle de parent. Un parent d'aujourd'hui devrait constater l’immensité du monde et la nécessité pour son enfant d'y trouver sa place, de partir avec des points d'avance en l'initiant à des langues étrangères plus jeune que lui ne l'a été, en lui donnant la possibilité de s'instruire plus rapidement que ce soit musicalement, technologiquement, culturellement sans avoir à lui enlever son innocence ou lui gâcher ses premières années.

Un parent d'aujourd'hui comprend la nécessité de discuter de certains problèmes qui existent sur cette Terre et des différents enjeux qui rendent le monde dans lequel nous vivons tel qu'il est actuellement.
Faire des enfants en ne pensant qu'à soi sans anticiper qu'être parent, c'est donner UNE conception particulière de ce qu'est le statut d'être humain, les valeurs que celui-ci devrait avoir et aider à la construction de cet être là qui sera alors amené à partager, à échanger, à donner, et à recevoir, est plus qu'une erreur.

Ne pas se sentir soutenu(e) par ses créateurs, ne pas avoir le dialogue que nous aimerions avoir avec eux, ne pas comprendre au bout de plusieurs décennies d'existence pourquoi nous sommes là à cause du comportement de ceux qui nous ont mis au monde, c'est dur..

Seulement, j'aimerais dire à ces personnes qu'il faudrait qu'elles travaillent à ce qu'elles aimeraient devenir. Peu importe ce que vous vivez, peu importe ce que vous avez du enduré, votre détermination est le résultat de ce qui vous a traversé et de ce que vous voulez combattre.
Exister ne suffit pas. Battez-vous pour vivre ce que vous voulez vivre mes chers.
Les choix ne sont pas toujours faciles à prendre, les épreuves ne sont pas des épisodes drôles de son existence, pourtant je souhaite de tout cœur que nous puissions nous tcheker au sommet mes chers en étant fiers de nos histoires, de nos parcours et de nos réussites.
En étant fiers d'être devenus des Grands par nous-même et nous-même uniquement.

Prenez soin de vous chers lecteurs.

Signé Ryel

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