Je ne suis pas Charlie.

by - 05:56:00

Comme je vous l'écrivais ici, j'ai été très choquée par ce qui s'est passé mercredi 7 janvier au sein des locaux de Charlie Hebdo. Je fus plus qu'horrifiée de savoir que des gens ont été exécuté pour avoir exprimé, au sein de leur journal, à leur façon, leur point de vue sur la société.

Je me rends compte que dans ce monde, selon les endroits où nous nous trouvons, les sujets sur lesquels nous nous exprimons, nous risquons plus ou moins la mort pour avoir donné sa vision des choses. Mes autres pensées sont allées à cette femme, journaliste en herbe médecin de profession qui a été assassinée et dont la mort a été annoncée par ses meurtriers sur son propre compte Twitter .. mais aussi à ce journaliste condamné à une peine de prison, une amende ainsi que plusieurs séries de coup de fouets pour avoir écrit ce qu'il pensait  

Seulement, voilà, concernant Charlie Hebdo..
Ces dernières semaines, nous avons pu voir les élans de solidarité envoyé du monde entier, cette marche spectaculaire menant à la Bastille et donnant l'opportunité à des chefs d'État de marcher pour une liberté d'expression qu'ils respectent chez les autres mais pas au sein des propres pays qu'ils administrent => Yann l'écrit ici 
Nous avons également pu voir la façon dont les choses ont tourné à l'avantage de ceux qui ont vu en cette affaire tragique un profit à se faire : les compagnes plus ou moins légitimes des défunts invitées à raconter les détails de leurs vies privées, les tentatives de s’octroyer le " Je suis Charlie " comme marque déposée mais surtout l'édition de 7 millions d'exemplaires pour le numéro, la création d'un Prix Charlie pour la liberté d'expression.

Je n'ai rien à redire quant à la solidarité et l'union française, quant au drame. J'ai trouvé cela très beau, très fort.

Mais pour être honnête, je ne me sens pas Charlie, je ne suis pas Charlie.
Je ne me reconnais pas dans cette liberté d'expression qui consiste à tourner en ridicule, en méprisable les croyances des uns et des autres que je ne partage pas.
Je ne me reconnais pas dans cette liberté d'expression qui utilise de l'humour de mauvais goût pour parler de ce qui se passe de dramatique chez les autres et de s'en amuser.

C'est un droit que nous possédons ici de s'exprimer, de dire ce que l'on pense et d'user de cette liberté à notre guise. Mais on m'a également appris que la liberté des uns commençait là où s'arrêtait celle des autres. Et lorsqu'un journal de cette tonalité prend de plus en plus de place dans l'espace médiatique, de plus en plus d'importance et de légitimité alors que le contenu me semble contraire à la cohésion nationale, à l'unité des français, je m'inquiète. Je m'interroge sur les limites de cette liberté d'expression, sur les critères de cette liberté : à quel moment la liberté des uns devient un fardeau pour les autres ? 

Comprenons nous bien, il n'a JAMAIS été question d'encourager quoi que ce soit, personne ne mérite qu'on lui enlève la vie quoi qu'il pense, ou qu'il ait dit/fait.

Signé Ryel

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