vendredi 6 mars 2015

Violence sociétale, Stage & Co..


Nous sommes dans une société dans laquelle la violence s'est démocratisée d'une façon telle que nous ne nous rendons même plus compte à quel point, cette dernière s'est insérée dans les différents pans de notre existence.
Une violence qui se décline sous différentes formes ( physique, verbale, psychique ) mais qui traduit clairement le climat de cette société dans lequel nous survivons.

Cette violence qui est condamnée par notre société est également encouragée par celle-ci par différents canaux .. Cela me fait penser au personnage de Richmond Valentine dans Kingsman de Matthew Vaughn, interprété Samuel L. Jackson, qui prévoit un plan machiavélique d'une extrême violence mais qui ne supporte pas la vue du sang... Paradoxal, non ?
L'apologie de la violence est OMNIPRÉSENTE que ce soit dans les films que nous regardons, les séries que nous suivons, les musiques que nous écoutons, les jeux auxquels nous jouons, les news que nous lisons, les mots que nous utilisons, les coups que nous portons.

Si personne ne se fait violer, voler, tuer, harceler... À quoi bon suivre ? Cela n'est pas intéressant, cela n'est pas passionnant. Les gens relativisent à tort à mon sens, cette exacerbation de cette violence.. Même les « petites violences» sont graves ! Ce n'est pas parce qu'elles n'ont pas les mêmes effets que les «grandes» qu'elles n'en sont pas moins choquantes.

Dans le cadre de mon cursus universitaire, j'ai été amenée à effectuer un stage d'une durée de vingt jours, dans un établissement public ou une association comme la loi de 1901 la définie.
Vous savez, chacun(e) a ses petites causes qui lui tiennent à cœur : parmi les miennes se trouve l'éducation. J'ai donc cherché à être prise en tant que stagiaire dans le domaine qui me parlait tant.

Après de multiples tentatives pour travailler au sein de Ministères ( Fonction Publique, Education nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche ), dans les divers rectorats de l'Ile de France, au sein de diverses mairies ( section jeunesse, éducation etc), dans des collèges et des lycées ... En vain ! J'ai finalement été acceptée au sein d'une structure de la ville de Paris qui a dans ses missions, l'accueil de collégiens exclus temporairement de leurs établissements.

Sans pour autant généraliser, beaucoup de ces collégien(ne)s ont été exclu pour les violences que j'ai énumérées plus haut : de la " simple " altercation entre camarades en passant par des insultes adressées aux personnels éducatifs, du racket, le guettage lors de vols ou d'agressions physiques caractérisées ( du camarade de classe à la principale ) jusqu'aux violences organisées en bande avec des objets pouvant blesser ( batte de baseball, gazeuse )
Des jeunes allant de 10 ans à 16 ans, souvent mais pas toujours en grandes difficultés scolaires voire en total décrochage scolaire qui usent de la violence pour répondre face aux affronts que la vie semble leur faire. Voilà comment ces jeunes ont appris à vivre dans cette société qui est la nôtre.

Ces jeunes, usant de la violence tous les jours comme mode d'expression, n'ayant appris que cela.. Comment leur faire comprendre que la société est en tort ?

Les gens souffrent, à commencer par ces êtres naissants qui grandissent dans des environnements gangrenés par une violence à laquelle ils accèdent à des âges trop précoces

  - Combien de parents ont déjà offert des jeux de moins de 18 ans à des enfants à peine sortis de la dizaine ? Combien d'enfants assistent à des scènes de violence dans leurs quotidiens qui leur font croire que la seule façon de parvenir à ses fins, d'obtenir quelque chose sera par la force, la contrainte et/ou la soumission ? -

C'est un triste spectacle que de voir le résultat d'une jeunesse abandonnée à elle-même, soumise à des modèles moraux qui ne font que traduire ces formes de violences présentes dans la société. C'est malheureux de savoir que bien trop de jeunes baignent dans la violence et se retrouvent dans une situation où les règles leur interdisent de se comporter comme on les a laissé évoluer sans pour autant trouver d'échappatoire autre à leurs maux.

Cette sensation que finalement les auteurs de la violence en sont tout autant les victimes puisqu'ils ne comprennent pas, ils n'en saisissent ni les enjeux, ni la portée.

Un excellent film à ce sujet, Snow In Paradise d'Andrew Hulme que j'ai beaucoup apprécié.
Pour ne pas voir le suspense coupé, je vous déconseille de regarder la bande annonce ou de lire le synopsis qui révèle bien plus qu'il n'aurait dû.. ^^

Signé Ryel

2 commentaires:

  1. Avec toutes ces citations de films, tu fais une bonne pub du UGC illimité lol Il faut dire que ce mois-ci il énormément de bons films à l'affiche ! Pour revenir à ton article, j'ai cru que tu allais parler d'une violence que tu as reçu. Est ce qu'on doit comprendre que ces jeunes ne savaient pas non plus parler envers toi ? Quelle était ton poste dans cette structure ? A partir de 10 ans je trouve que c'est des enfants jeunes pour être aussi violent. Mais la violence est -elle une question d'âge ? non je ne pense pas . Je pense que ces jeunes ont besoins d'avoir un travail sur eux-même, sur ce qui a pu les amener à devenir violent et comme tu dis leur montrer que la vie en société ne devrait être quelque chose de violent. Tu conclus bien en disant qu'ils sont également des victimes !

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    1. * Rires *

      Disons qu'allant voir des films régulièrement et faisant des parallèles avec certaines de mes pensées, c'est de la pub involontaire. EN revanche, toi tu sembles à deux doigts de prendre l'abonnement, haha.

      Une violence que j'ai reçue ? Explicite ta pensée.

      Justement, les jeunes étaient moins violents à mon égard, sauf une fois où j'ai commis une faute qui m'aura coûté l'animosité journalière d'une jeune fille mais toute son affection durant une semaine donc ma foi ^^
      Etais-ce le gabari ? Les bases que je posais dès le début ? La nouveauté introduite après 3 jours avec d'autres encadrants ? Le côté proche d'eux et open-minded que j'apportais. Je ne sais point.

      Dans cette structure, j'étais stagiaire, du moins Adjointe Educative Stagiaire.
      Ce que j'ai aimé, c'est qu'on m'a écartée de rien : j'ai participé à l'accueil des élèves exclus, au travail scolaire, à leurs ateliers avec des intervenants extérieurs, au soutien scolaire pour les collégiens de l'arrondissement ( l'équivalent de l'étude ).

      J'ai beaucoup aimé, très instructif. Très dur aussi. Je me rends compte que l'éducation de la jeunesse est PRIMORDIALE !

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