Comment Whiplash est devenu un de mes films favoris...

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Whiplash, c'est l'histoire d'une rencontre entre Terence Fletcher, homme d'une cinquantaine d'année passionné de musique aux tendances tyranniques, insultantes et avilissantes et Andrew Neyman, un jeune homme de 19 ans simplet passionné de musique jouant de la batterie.
Le jeune homme inscrit dans l'une des meilleures écoles de musique de la côte est, à New York et donc des États d'Unis d'Amérique est confronté à un professeur plus qu'exigeant qui n'aura de cesse de le pousser au bout de ses limites et d'outrepasser ses droits.


Ne sachant pas par où commencer cet article va se décomposer en thématique : 
  • Le choix d'études « passionnel » et la famille
Andrew n'est pas excellent dans ce qu'il fait, à savoir jouer de la batterie. Il aime cet instrument depuis sa tendre enfance, il a ses idoles et aspire à s'inscrire dans la lignée afin d'être « aussi grands qu'eux ». 
C'est cette passion qui l'a conduit à se retrouver à Shaffer pour entamer des études de musique durant lesquelles il se perfectionnera et atteindra son objectif. Il s'entraîne beaucoup, intensément et est fier de ce qu'il fait. Si son père le soutient financièrement pour commencer mais également en s'assurant que tout se déroule bien pour lui, il semble vouloir autre chose pour son fils.
La famille d'Andrew ne prend pas autant à cœur ses études en se disant que la musique n'est qu'un passe temps et qu'il lui faudra vivre de quelque chose de plus concret.

J'ai pensé à ma passion actuelle pour le continent africain. Une passion qui m'a poussée à découvrir mes racines, à orienter mes activités universitaires, mes lectures voire même mes projets professionnels dans ce sens-là, malgré les réticences de certains membres de mon entourage.

On se rend compte qu'aimer quelque chose même très fort ne suffit pas pour réussir en choisissant cet objet comme vecteur professionnel futur. Il faut travailler durement, assidûment et régulièrement pour y parvenir.

  •  La place de la vie amoureuse dans cette quête de l'excellence
Andrew apprécie Nicole. Cette jeune femme qui lui sert toujours la même chose au cinéma quand il y va lors de la sortie mensuelle avec son père. 
Un jour, il se décide à lui dire ce qu'il pense d'elle et de l'inviter à sortir. 
S'en suit un début de relation qui ne durera pas puisque Andrew met un terme à celle-ci. Il lui explique que sa passion est plus forte que tout et que le temps consacré à la voir, à penser à elle est un ralentissement voire une perte de temps dans sa quête.. Vous devinez bien que personne n'aime entendre ce genre de choses.

Des mois s'écoulent entre le moment de la rupture et le moment où Andrew reprend contact pour l'inviter à un concert auquel il jouera. En faisant partir Nicole de cette façon sans même lui laisser l'opportunité de s'insérer à sa vie, de s'ajuster à ses objectifs, il a également supprimé l'espoir de revivre quelque chose avec elle.

À cela, je dis « Bien fait !»
  • La compétition
Lorsque Andrew parvient à obtenir la place de celui qu'il suppléait, il s'est dit qu'il y resterait pour de bon. C'était sans compter la venue d'un troisième batteur, qu'il connaît de surcroît pour faire oublier le sens de la camaraderie.

La compétition dans laquelle il est embarquée n'en a que faire des états d'âmes, des bons sentiments ou que sais-je.. Chacun doit mériter sa place, doit se battre avant d'y être et pour y rester sous peine de voir sa chance lui passer sous le nez !

En ce qui me concerne, je n'ai jamais été très compétition jusqu'à cette année.
Je me suis rendue compte que la compétition pouvait être autre chose que vicieuse, mesquine et sans lois. La camaraderie peut être stimulante et « boosteuse ». Pour illustrer mon propos, ma promotion a pour moyenne générale 13 et quelques.

La compétition peut être un formidable ressort qui permet de rebondir très haut, de toujours vouloir faire plus, mais elle (la compétition) peut être aussi une manière de briser des rêves, briser la confiance en soi et la soif de vaincre. Chacun est différent.
  • L’outre passement des droits des professeurs : entre exigence et harcèlement 
Terence Fletcher est un homme qui impose le respect : de par son allure, de par son physique, sa gestuelle et j'en passe. C'est un homme exigeant, qui a compris qu'il ne suffisait pas d'être doué pour réussir, il fallait également beaucoup travailler pour atteindre son objectif. Et c'est cela, que ce dernier recherche : pousser ses élèves à travailler, à se surpasser, et à atteindre des sommets.

Le respect qu'éprouvent ces étudiants s'apparentent plus à de la terreur qu'à du respect en lui-même.
Ils ont du mal à le regarder dans les yeux, ils lui parlent avec beaucoup
C'est quelqu'un qui se montre volontairement insultant à l'égard des élèves et personne n'est épargné : le « petit gros», l'homosexuel ou le capitaine de l'équipe de foot.

Cette exigence qu'il attend de leur part leur met une telle pression qui vue de l'extérieur pourrait s'apparenter à véritable harcèlement moral à l'égard de ces jeunes gens. Un harcèlement moral qui peut être perçu comme de l'exigence exacerbée d'une part et donc d'un mauvais moment à passer pour mieux réussir à un véritable tourment indéfectible qui peut conduire au suicide.
  • Étudier jusqu'à mettre en péril la santé
Ce que j'ai aimé, c'est qu'au delà d'avoir cet amour de la batterie, d'en jouer depuis des années, Andrew travaille dur. Andrew s'entraîne sans cesse et lorsqu'il ne s'entraîne pas il regarde des vidéos de batteurs talentueux, il se remotive en relisant des mots de ses inspirations musicales.

La pression mise par Terence Fletcher l'amène à s'entraîner à en finir en sueur, à en être tout rouge, à en avoir mal aux bras et parfois même jusqu'à en avoir les doigts en sang.
Lorsque ce dernier se retrouve le crâne ensanglanté pour participer en tant que batteur à cet événement musical d'une grande importance.

Étudier contrairement à ce qu'on tente de nous faire croire, ce n'est pas une chose facile.
Pour étudier dans de bonnes conditions, convenablement et  de façon utile, il faut bien plus que s'asseoir sur une chaise, écouter et recracher son cours à l'écrit ou à l'oral le moment venu !
Étudier peut être compliqué lorsque le besoin d'argent se fait ressentir, lorsque ceux qui nous servent de camarades nous excluent, ceux qui sont dans le corps enseignant nous malmène et qu'on se sent à ça de près de pouvoir tout rafler. Il en faut du courage pour passer au-dessus de tout cela, et fournir le meilleur de soi-même. De se servir de ce que l'on a appris pour réussir les examens, certes, mais également aussi pour faire ce que l'on aime et ce que l'on veut faire.

  • La Vengeance est un plat qui est servi tôt ou tard
À la suite de l'exclusion d'Andrew, ce dernier a été sollicité afin de témoigner du comportement inacceptable de T Fletcher en tant que professeur de musique.
Andrew a certainement parlé.. Des mois plus tard, Fletcher n'est plus à Shaffer et Andrew se retrouve à un bar-concert dans lequel son ancien professeur joue du piano. Au fil d'une conversation, Terence Fletcher propose à Andrew de jouer dans son groupe. Andrew a abandonné la musique depuis l'incident du « récital». Celui-ci hésitant accepte, se ré-entraîne. En réalité, c'était un piège de Terence Fletcher qui souhaite l'humilier sur scène en ne lui donnant aucune des partitions à jouer durant ce spectacle.
Lorsque Andrew s'en rend compte il est trop tard...


  • La révélation des capacités dans les moments les plus tensionnels 
Andrew aurait pu partir et ne jamais revenir suite au fiasco qu'a été ce récital.
Celui-ci se décide à revenir sur scène, commence un solo et entraîne l'ensemble de l'orchestre à jouer un morceau qu'il a eu l'habitude de jouer : Caravan. 
Andrew joue, se surpasse et dépasse toutes ses aspirations sous l'oeil de Terence Fletcher qui impressionné par cette performance finit par céder et le dirige. 

CONCLUSION

En somme, je peux vous dire que j'ai aimé ce film. J'ai même fortement apprécié ce dernier.

Il est question ici d'une personne qui a eu le courage de suivre la voie qui lui permettait de faire ce qu'il a eu envie de faire. Il n'a pas eu peur de bosser, de se surpasser, de se faire mal, de se séparer de cette personne qui lui apportait quelque chose d'autre, de supporter les commentaires peu incitatifs de sa famille, de se faire humilier et de traverser des passages à vide compliqués pour faire ce qu'il aime. En face, on regarde la trajectoire d'une autre personne, amoureux de la musique et intransigeant qui toute sa vie a rêvé de rencontrer ce musicien qui aurait été suffisamment accroché pour supporter toutes ses intimidations, tous ses affronts pour se révéler au grand jour.

Certaines rencontres peuvent être difficiles à vivre, peuvent être particulièrement décourageantes, déroutantes de prime abord. Toutefois, ces rencontres peuvent s'avérer révélatrices et avoir un déclic sur notre personne, dans notre travail.
Évidemment qu'on ne peut pas tout accepter même au nom de la croyance en notre potentiel mais je ne vous cache pas que ce film m'a fait penser à ce professeur que j'ai trouvé juste excellent, qui était très dur avec ses étudiants, très exigeant et parfois même cassant. S'il ne faisait pas l'unanimité dans notre promo SSP, pour ma part, je n'ai jamais été aussi stimulée à travailler. J'ai eu 17/20 à son oral. 

Au-delà de cette dualité, je pense que ce film est une leçon de persévérance et de détermination.
D'excellentes performances pour les acteurs qui m'étaient peu connus voire totalement inconnus.
À l'occasion, si vous souhaitez en (re)parler, n'hésitez pas à commenter !
Signé Ryel

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