Vivre des attaques à Paris.

by - 20:19:00

En tant que francilienne, bien que n'habitant pas dans Paris intra-muros, Paris est une réalité que je vis au quotidien : il me suffit de prendre mon train pour être dans la capitale en quelques minutes et jouir des divers lieux de culture, des nombreux établissements qui proposent toutes sortes de services. 
Hier, alors que je m'apprêtais à regarder mon épisode 7 de How To Get Away With A Murder, les notifications n'ont cessé d'affluer concernant des explosions au Stade de France ainsi que plusieurs fusillades dans les rues parisiennes (Boulevard Charonne, Boulevard Voltaire, Rue Alibert, Rue Fontaine au roi), une prise d'otage dans une salle de spectacle, le Bataclan. 
S'en est suivi, les nombreuses informations - plus ou moins avérées -  qui affluaient de divers supports : télévision, applications mobiles, réseaux sociaux, SMS, appels, radio.

Le choc a été lorsque j'ai vu la presse étrangère parler de ces événements, lorsque j'ai vu les mots 
" Paris terror attacks " , " Attachi a Parigi "Anschläge in Paris " dans ces endroits que j'ai jadis foulé, dans lesquelles j'ai mangé, ri avec les miens.
Je me dis que hier soir, cela aurait pu être moi parmi ces gens. 
Je n'ai pas pu m'empêcher de penser que l'on m'avait invité à boire un verre hier soir, mais que j'ai décliné l'invitation en raison de ma fatigue. Puis j'ai pensé à ces gens qui un vendredi soir ont choisi d'aller manger un morceau, boire un verre, assister à un concert et qui ont perdu la vie, été blessé, perdu des proches.. 


Je n'avais jamais vécu une telle chose : le pays ne s'était pas remis des attaques de janvier (Charlie Hebdo, Montrouge, Hyper Casher) : la sécurité avait été renforcée dans les endroits publics où les sacs étaient vérifiés, les militaires faisaient la ronde pour surveiller, les contrôles au faciès avaient été multipliés et que le plan Vigipirate n'avait toujours pas été levé malgré quelques permissions.
Ce qui choque, c'est de savoir que cette violence inouïe, devenue une banalité lue et entendue dans d'autres parties du monde, ait pu se produire aussi près de soi, sur un territoire qui pouvait se vanter de ne pas avoir vécu d'actes de guerre depuis plusieurs décennies maintenant !

Aucun de mes proches n'a été touché de près ou de loin, toutefois, cela ne me soulage pas pour autant lorsque je vois le décompte de morts, de blessés et ce que cela aurait pu être si la sécurité n'avait pas été ce qu'elle a été au Stade de France.
Je pense à ces gens qui ont diffusé des portraits par centaines sur Twitter dans l'attente d'une réponse positive ou négative concernant leurs proches ; ces hashtags #porteouverte #Meetparisians qui ont permis à des personnes de s'abriter, dormir chez ceux qui ont gentiment accepter d'ouvrir leurs portes et par la même occasion, leurs coeurs.

J'ai entendu et lu beaucoup de choses sur ce qui s'est passé : avec autant d'informations, il faut être capable de faire le tri parmi les inepties et ce qui pourrait se rapprocher de la vérité.
Ces attaques ne sont pas le fruit du hasard : la France est engagée dans des conflits hors de son territoire (Mali, Yemen, Syrie..) avec une ligne directrice qui est la lutte contre le terrorisme et les valeurs issues de ce qui est considéré comme un extrémisme religieux. 
Ces attaques sont en réponse à ces prises de position, comme le soulignait Armelle Charrier sur France 24, ce ne sont pas des attaques qui ont eu lieu contre des représentants de l'État français ou des institutions. 
Les victimes sont des gens avec un certain mode de vie dans un pays avec certaines valeurs qu'on a pris pour cible : ceux qui assistent à une rencontre amicale de football, ceux qui s'attablent pour boire un coup ou manger un morceau, ceux qui ont payé leurs places pour apprécier la musique de musiciens.

Je me rends compte que la tolérance n'est pas une valeur humaine : elle n'est pas innée chez l'être humain. Il semble bien plus compliqué que prévu d'accepter que son prochain ne partage pas ses idées, ne partage pas sa façon de vivre et de penser les choses. 
Je ne fais aucun amalgame entre la religion musulmane et l'organisation qui a revendiqué ces attentats, cependant je m'interroge : Encore combien de personnes sont censées périr sous les balles, les bombes, coups de couteaux des autres en raison d'idéologies aussi fluctuantes et qu'éphémères si on se place sur le temps à l'échelle humaine ?
L’extrémisme religieux n'est pas l'unique motif de tueries de masse : l'argent, le pétrole, le pouvoir en sont également dans d'autres parties du monde.

Aujourd'hui, je vous écris. Suis-je Charlie ? Indéniablement. Cf " Je ne suis pas Charlie "
Avec le recul, je me rends compte qu'être Charlie ou autre chose n'est pas cautionner ce qui nous semble immoral, c'est comprendre au-delà de ce qui a été touché que des valeurs que nous partageons ont été bafouées afin d'imposer par le sang les opinions et valeurs d'un petit nombre.

Toute mon attention était focalisée sur l'IDF que j'en ai oublié de parler du Japon qui a été touché par un séisme important (ici) ou de cette tempête de neige conséquente qui a eu lieu à Chicago (ici)

FMD

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