vendredi 25 mars 2016

Sily, ce deuil difficile.

Il y a quelques semaines, j'ai appris le décès d'un proche : Sily.
C'est une personne que j'aimais énormément : il était d'une telle sensibilité, d'une telle bonté.
Avec lui, nous avions refait le monde maintes et maintes fois ; nous nous encouragions mutuellement pour parvenir à nos projets et il nous est arrivé de nous retrouver à pleurer suite à l'écoute de nos récits de vie respectifs.


Je ne vous cache pas que cette disparition m'affecte beaucoup pour plusieurs raisons. 
Pour commencer, j'ai appris son décès sur Facebook : je naviguais sur le réseau social et j'ai vu le post d'un proche qui annonçait son décès. Après plusieurs appels, j'ai eu la confirmation que notre proche commun était bel et bien décédé. C'est très dur de savoir que la vie s'est brutalement arrêtée pour les gens que l'on aime de façon aussi désinvolte. 

Pour connaître les raisons de sa mort, cela a été un véritable marathon : personne ne souhaitait dire quoi que ce soit, les spéculations allaient de bon train et j'ai fini par savoir de quoi était décédé notre ami sans savoir si cela était intentionnel ou provoqué par autrui. 

Durant toute une semaine, j'ai cherché à me préparer mentalement pour aller voir son corps, pour lui dire Aurevoir. Je me refusais tant à aller le voir allonger dans sa dernière demeure, dans ce corps jadis côtoyé désormais sans vie, sans aspirations, sans avenir mais pour moi, c'était un impératif afin d'accepter sa mort et de commencer mon deuil.. 

Dans le message Facebook reçu, la levée du corps avait lieu dans un foyer dont certains endroits faisaient également office de mosquée : j'ai suivi les conseils d'une proche et je me suis couverte les cheveux, habillée toute en noir et blanc, sans make-up toute en suivant les instructions données par les personnes sur place.
N'étant pas musulmane, j'ai laissé les croyants procéder à leur prière, je me suis tenue à l'écart, j'ai salué les proches de loin après que ces derniers aient fait leur ablution, s'organisaient pour trouver un endroit où louer Allah. 

Je me suis fait dévisager de toute part car femme, car non musulmane mais j'ai tenu. Les yeux emplis de larmes, je redoutais d'aller voir cet ami sans vie mais je tenais bon. Il s'avère que tous ces doutes n'ont servi à rien.. J'ai vu le corbillard partir sans qu'aucune cérémonie ne soit faite pour lui dire Au revoir. 
J'ai respecté le temps de prière de chacun pour qu'on ne puisse m'accorder un temps pour me recueillir devant le cercueil de mon ami. 

Je ne vous cache pas que plus les jours passent et plus je décolère.. Jour après jour, j'apprends à faire mon deuil autrement. J'apprends à me dire que Sily est parti et que la dernière fois que je l'ai vu, nous rentrions chez nous dans l'espoir que tout aille pour le mieux pour chacun d'entre nous en attendant de nous fixer rendez-vous.

Je réalise aujourd'hui que ce temps que nous passons à nous rabaisser, regretter, nous pourrions le consacrer à créer, visualiser pour projeter. La mort des uns me rappelle à quel point je suis vivante et à quel point, JE dois accomplir. Que sont des insultes, des coups face à la vie qui s'éteint ? 
J'espère que Dieu/Allah/Yahvé/L'Univers me prêtera la vie pour qu'un jour, je puisse me recueillir sur sa tombe à Aourou au Mali. 

Signé Ryel

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