Black-Ish, Noirs Américains mais pas Africains-Américains !

by - 04:06:00

  Common feat Bilal - U, Black Maybe ♫♫♫

Hey les lecteurs, 
Comment vous portez-vous ?
Je vous demande toujours car même si vous ne m'écrivez pas pour me répondre, ça fait toujours du bien de situer son humeur, de savoir si on est enclin à lire certaines choses plutôt que d'autres. Puis, pour dire le fond de ma pensée, j'aime qu'on puisse s'intéresser à mon humeur. Mais bref

Hier, j'ai mangé dans le restaurant O'Maki pour fêter mes 20 ans d'amitié avec ma plus vieille amie, Mimi. Comment vous dire à quel point nous avons été reçue agréablement, nous avons très bien mangé et nous nous sommes enjaillées sur la Playlist Africaine qui passait en fond sonore, un très bon moment ! De par cet événement, je suis tombée de fatigue tel un bébé rassasié et j'ai dormi durant plusieurs heures... Voilà pourquoi j'écris alors qu'il est 3 heures du matin en France.

Par curiosité, rentrée oblige, je suis allée voir si la saison 3 de Black-Ish avait vu le jour sur les sites de Streaming et la réponse est YES !
Black-Ish situe une famille noire-américaine dans la banlieue de Los Angeles et nous conte avec autant de brio que d'humour ses différentes (més)aventures en tant que noirs. Je ne suis pas de la génération du Cosby Show, je n'ai fait qu'en entendre parler, connaître les différents personnages sans regarder aucun épisode. Mais j'ai fait le même constat que beaucoup : si en France les questions de représentations sont très présentes mais ne s'appuient sur aucun exemple concret de famille noire représentée dans le paysage audiovisuel, aux Etats-Unis les familles noires sont des familles qui ont souvent des tourments liées à des addictions, des activités illicites...

Quel rafraîchissement de voir une famille noire dont les parents ne sont ni pauvres, ni en proie à des dépendances en tous genre, ne sont pas dans des secteurs liées aux activités du spectacle. Une famille à laquelle j'ai pu m'identifier à bien des reprises, et des réalités propres aux Noirs Américains que j'ai pu observer à travers la série mais également au cours de mon voyage.

Nous sommes tous des Afro-descendants, maintenant tout dépend de l'importance que chacun accorde aux origines de l'humanité et du sens que les Noirs du monde entier donne à leurs racines africaines. Après ce passage aux Etats-Unis, j'estime que qualifier les Américains noirs d'Afro-américains est une erreur. Ces derniers sont noirs, savent qu'ils sont noirs et assument parfaitement leurs négritudes si je peux me permettre sur le territoire américain . Cependant, après de nombreuses discussions avec certains d'entre eux, l'Afrique n'en reste pas moins une destination lointaine et exotique. Une distinction est très vite faite entre les Noirs nés en Amérique et les Noirs d'ailleurs,
Ils sont noirs, pour beaucoup connaissent les raisons pour lesquelles ils sont sur le territoire américain aujourd'hui et en ont la nationalité mais ils n'en restent pas moins des afro-descendants ne se sentant pas appartenir pour beaucoup à la mère patrie, ce qui en soi peut être compréhensible si je mets tout point de vue panafricain de côté.

Une fois arrivés sur le sol américain mais également dans les Caraïbes après avoir été réduit en esclavage durant plusieurs siècles, les Noirs ont du se heurter au fait de ne plus avoir d'identités propres, de se battre constamment pour survivre et rester digne, de ne connaître que cet endroit représentant servitude et souffrance comme maison, s'organiser et s'entraider pour survivre, défendre les leurs et lutter contre l'injustice.
Dans ce contexte, je peux comprendre que la couleur de la peau ne suffit plus à définir l'endroit auquel un individu est censé appartenir.

A New York, j'ai emmené mes jolies robes congolaises faites sur mesure il y a 4 ans déjà au Congo, par notamment un homme qui est décédé d'une crise cardiaque depuis, que la Terre lui soit légère.
Et j'ai été interpellée grâce à celles-ci, les personnes qui me demandaient d'où je venais étaient toujours très surprises que j'arbore fièrement mes racines congolaises, que j'en ai la nationalité... j'ai eu le droit à des questions toutes plus surprenantes les unes que les autres. C'est à ce moment précis que j'ai compris que beaucoup de Noirs Américains ont une vision tronquée du continent africain, de ses habitants et de sses coutumes.
Lorsque Kendrick Lamar a effectué sa performance aux Grammy's 2016 dans laquelle il relatait l'histoire du Black Power, ses ancêtres africains sont représentés dansant près d'un feu, avec des tutus de paille.

Beaucoup pensent qu'il suffit d'être Noirs pour connaître l'Afrique et l'aimer.
Etudier la diversité linguistique des langues africaines au sein d'un même pays m'a fait comprendre que j'ignore énormément de choses à ce sujet  et cet amour que je lui porte me motive à être plus qu'une amoureuse, une personne en possession du sentiment d'appartenance sans connaître. Je veux déterrer les archives, défricher mes sources et arpenter le continent pour aller à la rencontre de ses cultures, de ses traditions, de ses spécificités, de son peuple... de mon peuple.

De nombreux noirs ne se sentent pas affiliés à ce continent, que leurs origines africaines remontent à plusieurs générations ou à celles de leurs parents. Certain/e/s jeunes noirs ne sont pas intéressés par le continent, par ce qu'il propose, par ce qu'il a à offrir. A contrario, d'autres pensent qu'être nés dans un pays africain donné, en avoir les origines suffisent pour se prétendre connaisseurs ou amoureux du continent.
Je remarque qu'il est tout à fait possible pour autrui de se sentir noirs, fiers d'être noirs et honteux d'être Africains ou d'avoir des racines africaines. Je ne le comprends pas mais c'est ainsi.

Beaucoup de combats se confondent dans cette quête des racines et les fruits qu'elle a à nous offrir.
Connaître ses racines pour marcher droit dans ses sandales pur cuir, ses Air Max Siren ou dans ses bottes sexy bien peu confortables ; connaître ses racines pour ne pas entendre l'histoire de ses ancêtres minimisée, bonifiée ou déformée ; connaître ses racines dans le but de contribuer à son avenir, mon cas.

Que chacun trouve sa raison pour faire son chemin sans entraver celui des autres.
Signé Ryel

Dans le même genre..

0 commentaires

Votre présence