samedi 25 février 2017

Ailleurs.

Quelque part au-dessus de l'océan Atlantique, 9 février 2017
Plus tôt dans la nuit, j'ai cherché sur le site de l'ambassade française, quelles étaient les étapes pour une personne non ressortissante des pays de l'Union Européenne d'obtenir son Visa court séjour de l'Espace Schengen.

Je pensais réellement que c'était difficile de se rendre aux Etats-Unis mais c'était avant de réaliser les démarches administratives nécessaires pour se rendre en France :
Il faut remplir un formulaire, fournir des justificatifs sur la nature de son séjour, les ressources financières qui seront utilisées, une assurance de rapatriement, payer les frais de dossier et déposer son dossier au Consulat/Ambassade de France dans le pays avant d'attendre une réponse positive ou négative.

J'ai beau savourer pleinement lorsque je suis à l'étranger, avoir des revendications panafricaines, je dois reconnaître qu'ici en France, je suis chez moi : je connais les astuces, les filons, je maîtrise la langue, je comprends la lourdeur bureaucratique et surtout je n'ai aucune contrainte administrative m'obligeant à quitter le territoire OU l'obligation de remplir des critères pour être autorisée sur ce même territoire. J'en suis une citoyenne, j'y suis chez moi !

Je songe à mon après, après l'obtention de mon diplôme et à cette envie d'explorer le monde que ce soit grâce à un Volontariat Internationale d'Entreprise (VIE) ou par mes propres moyens ; je pense à ce véritable combat que sera de demander les papiers légaux de travailler, de gagner ma vie dans cet ailleurs dans lequel je ne serai pas née, dans lequel je n'utiliserai probablement pas ou alors très peu ma langue maternelle, dans lequel je serai une pure étrangère tant administrativement que coutumièrement et probablement physiquement.

Explorer le monde est plus qu'une question de bonus miles à cumuler, de photos/tweets/posts/statuts/snaps/vidéos à partager, c'est accepter de se plonger dans ce qui nous est étranger, de s'y adapter et d'en tirer le meilleur en dépit des comparaisons naturelles que nous faisons avec notre quotidien ordinaire..

Il en faut du courage pour poursuivre sa vie loin de ces lieux dans lesquels on a toujours vécu, loin de ceux que nous avons toujours connu. Etre l'étrangère qui s'acclimate et s'accoutume semaine après semaine à cette vie qui n'a pas toujours été la nôtre.
Par ailleurs, tout le monde n'a pas le " BON " passeport, tout le monde n'a pas les " BONNES " situations et survivre dans cet ailleurs qui peut s'avérer hostile est un combat que je n'imagine même pas dans mes pires cauchemars.
Mais pourtant chacun semble trouver les ressources et les solutions même illégales qui leur permettront d'atteindre cet idéal de vie.

Dans le formidable documentaire Humans de Yann Arthus-Bertrand, un homme disait avoir quitté son pays ravagé par la guerre et la famine, survécu dans de nombreux pays et ne souhaitait ni aide, ni pitié, ni mal à quiconque, il souhaitait juste vivre. Son témoignage a suscité un tel éclair dans mon coeur.
Toutes ces lois, toutes ces procédures, toutes ces contraintes alors que la seule chose que la plupart d'entre nous voulons, c'est juste VIVRE. Apprécier et chérir notre vie chaque jour que le souffle nous est accordé.

Alors, chers Lecteurs de Ryel Cosmos, vous vivant dans des pays que j'espère bien fouler un jour, je vous prie de ne pas abandonner vos aspirations même si celles-ci se trouvent à l'autre bout du monde et que cela nécessitera une combativité intellectuelle, administrative et financière de tous les instants.

Signé Ryel

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